Retour aux actualités
Article suivant
Article précédent

📰​ Le Fil I Singapour : un lieu incontournable en Asie

News emlyon

-

18/05/2026

Lire l'article original en anglais dans le magazine Le Fil #7

Singapour : un lieu incontournable en Asie

Véritable cœur battant de l’Asie du Sud-Est accueillant les sièges de grandes entreprises et une communauté florissante d’entrepreneurs, Singapour attire grâce à son environnement ultra-sécurisé et axé sur l’innovation, ainsi qu’à son système favorable aux entreprises. Suivez le guide !


Située aux confins du détroit de Malacca, cette petite cité-État de six millions d’habitants est particulièrement attractive grâce à son écosystème dynamique et aux possibilités offertes par son statut de pôle régional. Emmanuel White (PGE03) s’y est installé en 2013 pour lancer Michael Page en Thaïlande, un projet qui n’a finalement pas vu le jour à cause de la crise politique qui a ébranlé le pays. Il ne s’est toutefois pas laissé abattre et a pris la direction du bureau singapourien de Hudson avant de créer son propre cabinet de recrutement avec sa femme, baptisé WeLinkTalent et qui s’est bien développé depuis. Singapour est, sans aucun doute, une ville favorable aux entrepreneurs.

Brigitte Zeller (PGE81) s’y est installée pour la première fois en 1998 lorsqu’elle a pris les fonctions de directrice marketing régionale pour l’Asie-Pacifique chez Danone ; avec son mari, Luc Zeller (PGE81), directeur général chez Veolia, ils ont par la suite obtenu le statut de résident permanent. Après plusieurs années passées à sillonner l’Asie, notamment chez Unilever (Shanghai), Nestlé (Beijing) et Fonterra (Auckland), elle a regagné Singapour en 2019 pour y créer Start’in For Good, un cabinet de conseil au service des start-ups, des entrepreneurs et des intrapreneurs qui souhaitent améliorer le système agroalimentaire et des boissons de la cité-État. « Singapour est un écosystème international qui abrite de nombreux sièges d’entreprises pour la région APAC, des centres de recherche, des universités et des start-ups bénéficiant du soutien de l’État : ici, il est très facile de mettre les entreprises en relation », explique Brigitte.Cet écosystème a également convaincu Michel Huguenin (EMBA04), cofondateur des groupes événementiels suisses planitswiss et imavox dont les sièges asiatiques sont implantés à Singapour, lorsqu’il envisageait d’ouvrir un second bureau en Asie en 2012 : « Contrairement à d’autres pays asiatiques, la cité-État n’impose pas aux entreprises étrangères d’avoir un actionnaire majoritaire national. » Cerise sur le gâteau, Michel a monté sa société en 48 heures, montre en main. « C’est extrêmement facile de créer une entreprise, surtout pour un résident permanent », ajoute Jeanne Mouterde (PGE05), qui, en 2011, a décidé de quitter Paris pour s’installer à Singapour avec son mari, Cyril Mouterde (PGE05) : « J’ai d’abord travaillé dans une agence de design avant de fonder ielo, une agence de création, en 2014 ». Le couple avait auparavant étudié et réalisé des stages en Asie, ce qui n’était pas le cas de Maëlis Bedu (PGE11), arrivée seule en 2018 dans le cadre d’une mutation proposée par son entreprise, Crepuscule Brand Design : « Je n’étais jamais allée en Asie : ça a été une vraie révélation ».Le champion de l’aventure est sans conteste Oscar Aynaud (MS21). Après cinq semestres d’échange universitaire à Taïwan et sur le campus d’emlyon à Shanghai, suivis de deux stages, dont un de six mois chez LVMH à Singapour, il a embarqué sur un navire de la marine française dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc en 2022, avant de chevaucher sa moto pour un périple de 300 jours entre les Pyrénées et Singapour. Il a parcouru 55 000 kilomètres et traversé 35 pays en 10 mois. Quelques jours à peine après être arrivé, il passait déjà des entretiens d’embauche : il a ainsi été recruté en tant que responsable des processus d’exploitation chez LVMH, en charge des projets liés à la chaîne d’approvisionnement pour la région APAC.

Emmanuel White (PGE03)

WeLinkTalent

Brigitte Zeller (PGE81)

Start’in For Good


Priorité à l’environnement et aux secteurs en croissance

Forte de sa vision stratégique à 30 ans révisée tous les cinq ans, la cité-État met particulièrement l’accent sur l’innovation et la R&D, et exerce une influence sur toute l’Asie du Sud-Est. « L’Economic Development Board (EDB) de Singapour détermine chaque année les secteurs dans lesquels il convient de concentrer les efforts d’investissement », explique Emmanuel. Les principales activités économiques actuellement identifiées comprennent la fabrication avancée (Singapour représente un cinquième de la production mondiale de semi-conducteurs et contribue à hauteur de 10 % aux activités mondiales de MRO dans le secteur de la construction aérospatiale), le corporate venturing, l’économie verte, l’hébergement de sièges d’entreprise et l’innovation (avec un écosystème de start-ups évalué à 184 milliards de SGD). L’éventail de secteurs implantés est vaste : aérospatiale, biotechnologies et produits pharmaceutiques, services liés au carbone, activités grand public, technologies numériques, énergie et produits chimiques, logistique et gestion de la chaîne d’approvisionnement, technologies médicales, services professionnels, énergie renouvelable, semi-conducteurs, ou encore matériel et composants technologiques.

« Singapour est à la pointe dans les secteurs des nouvelles technologies, de l’IA et de l’apprentissage automatique », précise Emmanuel. « Ici, les processus sont automatisés au maximum, y compris dans les cuisines des restaurants. » Michel évoque la présence d’entreprises technologiques nationales et internationales (STMicroelectronics), de groupes pharmaceutiques, cosmétiques et de luxe, sans oublier les sièges régionaux de géants de l’énergie (Engie, Schneider Electric) et de chefs de file de l’aérospatiale (Airbus), qui chapeautent toute l’Asie du Sud-Est. Le secteur de la finance n’est pas non plus à négliger : « BNP et UBS emploient chacun près de 4 000 personnes », déclare-t-il, en soulignant également l’importance du transport et de la logistique. « Le port de Singapour est le deuxième plus grand port de conteneurs au monde, doté d’infrastructures hautement performantes et concentrées », ajoute Emmanuel. « La logistique est à l’image de l’activité globale de Singapour », analyse Oscar, comparant les flux d’information financière et l’optimisation des flux physiques au port. « Singapour est une plateforme d’échange de flux, où le monde virtuel ne cesse de prendre de l’ampleur avec la construction de centres de données, l’agrandissement du port et le développement d’une logistique à forte valeur ajoutée. »

Enfin, « les liens avec la France sont étroits, de grandes entreprises étant implantées ici depuis longtemps, à l’instar de BNP et de Dassault Systèmes », rappelle Emmanuel. « Singapour est également le deuxième plus grand pôle de la French Tech. 600 start-ups implantées à Singapour ont été cofondées par l’un de nos compatriotes. » 


Travailler à Singapour

« Ici, tout est pensé pour permettre aux gens de travailler efficacement et en toute sérénité », explique Michel. Les procédures administratives sont rapides, le système bancaire est fiable, le régime fiscal est performant et la corruption est inexistante. Singapour regorge de professionnels hautement qualifiés : les talents locaux, formés par un système éducatif d’élite, sont de très haut niveau, au même titre que les talents venus de l’étranger. « Singapour est très regardante sur les personnes qui entrent sur son territoire : la cité-État sélectionne les talents réellement sources de valeur ajoutée », ajoute Oscar. « C’est un environnement très stimulant ; c’est le New York asiatique. » Il évoque néanmoins une certaine rigidité des processus, qui sont rarement remis en question par les Singapouriens : « Cela facilite la mise en œuvre des projets au sein des entreprises... Mais il est parfois nécessaire de remettre en question les règles afin de les améliorer ! ».

« Cela explique pourquoi les talents étrangers, généralement plus flexibles, plus inventifs et plus créatifs, sont très recherchés ici », explique Maëlis, qui mentionne par ailleurs une vraie séparation entre vie privée et vie professionnelle. Pour Jeanne, l’environnement professionnel singapourien offre davantage de liberté par rapport à l’environnement européen : « En France, je travaillais dans le conseil ; ici, j’ai pu me réinventer et mettre mes compétences au service d’un secteur totalement différent, à savoir le design ».

Ce n’est toutefois pas de tout repos : « Le pays est très protecteur envers la main‑d’œuvre locale. Le marché du travail est flexible pour les employeurs, mais rigide pour les étrangers, qui se heurtent à des règles strictes d’employabilité, qui sont en réalité des quotas déguisés », explique Maëlis. « Tout est facilement révocable : pendant la pandémie, les étrangers qui ne respectaient pas les règles se sont vu retirer leur visa de travail avec effet immédiat. » Michel rappelle que l’Employment Pass est lié à l’employeur : « Si on perd son emploi, on dispose de 30 jours pour quitter le pays ».

« Singapour est une bulle enchantée qui peut facilement éclater », poursuit Maëlis. « Le système est libéral, sur le modèle américain : sauf si des clauses particulières ont été négociées, les contrats locaux ne prévoient ni régime de retraite, ni allocations de chômage. Le congé de maternité est limité à deux mois, et le congé de paternité n’existe pas. » Il est donc préférable de bénéficier d’un contrat d’expatrié au sein d’une grande entreprise, prévoyant une assurance maladie et des clauses particulières pour les congés parentaux, ainsi que des prestations de retraite.


Michel Huguenin (EMBA04)

planitswiss Asia et imavox Asia

Jeanne Mouterde (PGE05)

altavia.ielo


La communauté d’emlyon à Singapour 

Pilotée par Emmanuel White (PGE03) et Michel Huguenin (EMBA04), la communauté d’emlyon à Singapour rassemble près de 250 alumni (d’après LinkedIn), et 599 membres sont inscrits sur le site Internet consacré aux alumni. « Mon co-ambassadeur était initialement Florent Barret (MS10), avant que Michel ne prenne le relais. Après la pandémie, nous avons relancé les initiatives visant à accueillir les nouveaux arrivants et à nouer des relations entre alumni », explique Emmanuel. « Chaque année, nous organisons deux à trois événements ainsi que deux grands cocktails rassemblant une vingtaine d’autres grandes écoles françaises pour favoriser le réseautage », ajoute Michel.

En savoir plus et intégrer la communauté : https://bit.ly/lefil7Singapore 


Des Pyrénées à Singapour à moto : Oscar Aynaud (MS21) en a pris plein les yeux sur pas moins de 55 000 km !

 

Vivre dans la cité du lion

« Singapour est une ville cosmopolite où se côtoient des Chinois, des Malais, des Indiens et des Caucasiens ; toutes les religions y sont représentées et célébrées », explique Brigitte. « La mixité est extraordinaire : on vit tous ensemble dans la paix et le respect », ajoute Michel. Maëlis salue le mélange de cultures et de traditions : « Un temple bouddhiste se trouve à proximité d’un temple chinois et d’un immeuble moderne, au pied duquel déambulent des poulets. L’ensemble est à la fois saisissant et harmonieux ».

Tous décrivent un pays dans lequel il fait bon vivre, particulièrement sûr et rassurant, où tout fonctionne correctement. « Les hôpitaux sont excellents, tout comme les transports en commun ; les jeunes enfants peuvent prendre le bus tout seuls sans aucun problème », explique Michel. « Il y a des caméras de partout. Lorsque j’étais plus jeune, je pouvais me balader en toute sécurité, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit », se souvient Maëlis. Le progrès est corrélé à l’efficacité : des systèmes de reconnaissance faciale permettent d’accéder à l’aéroport sans présenter son passeport. « Un seul document d’identité est requis pour l’ensemble des procédures administratives : les impôts, les services médicaux, etc. Si on doit passer une IRM, on a un rendez-vous dès le lendemain », explique Emmanuel. « Remplir sa déclaration d’impôt prend seulement cinq minutes », ajoute Oscar.

Quant à la gastronomie, « on peut manger des spécialités du monde entier, que ce soit dans les espaces de restauration des centres commerciaux pour environ 4 SGD, ou dans les 42 restaurants étoilés que compte la cité-État », déclare Brigitte. « La vie de famille est très agréable », explique Jeanne, mère de trois enfants âgés de 12, 9 et 4 ans. « Tout est pensé pour eux. » Maëlis ajoute que les résidents bénéficient du système de « helpers » : des employés de maison originaires d’autres pays asiatiques qui facilitent grandement la vie des jeunes parents. Ravi de son installation à Singapour depuis deux ans, Oscar peut même aller surfer sur un lagon artificiel le matin avant de se rendre au travail. Il a demandé le statut de résident permanent : « Je me vois construire une vie de famille ici ».

Il y a tout de même quelques inconvénients : d’abord, le coût de la vie, en particulier pour ceux qui souhaitent maintenir un niveau de vie français. Oscar estime qu’un couple avec deux enfants doit percevoir des revenus cumulés d’au moins 25 000 SGD. « Se loger coûte cher. Le loyer mensuel d’un appartement familial de type 4 dans une résidence avec piscine s’élève à 6 000 SGD minimum. Ce type de bien est devenu rare depuis le COVID avec l’essor du télétravail », explique Jeanne. La garde d’enfants est onéreuse (entre 1 500 et 2 500 SGD par mois), tout comme la scolarité. « Si certains enfants d’expatriés fréquentent les écoles locales pour apprendre l’anglais et le chinois, il y a aussi des écoles internationales, mais elles coûtent très cher. »

Sur le plan culturel, l’offre est plus limitée que dans les capitales européennes. « La notion d’élégance et les immeubles haussmanniens de Paris me manquent », admet Oscar. « Tout est fonctionnel, organisé et structuré, mais il manque une profondeur historique... et un petit grain de folie », ajoute Emmanuel. La vie nocturne est relativement calme ; les fêtards n’y trouvent pas forcément leur compte. « Mais on n’est qu’à deux heures de vol de Phuket et de Bali ! », plaisante Emmanuel.

 

Maëlis Bedu (PGE11)

Crepuscule Brand Design


Oscar Aynaud (MS21)

LVMH

 

Principaux visas 

  • Le visa de résident permanent, renouvelable tous les cinq ans, s’obtient généralement après avoir travaillé plusieurs années dans la cité-État.  

  • L’Employment Pass, destiné aux cadres dirigeants, est lié à l’employeur. Il existe également le S Pass pour les professions intermédiaires et un permis de travail pour les travailleurs non qualifiés, délivrés selon les quotas définis pour chaque secteur. 

  • Le Dependant’s Pass est délivré à l’époux(se) et aux enfants du titulaire d’un Employment Pass 

 

Un marché expérimental pour l’innovation culinaire 

« À l’instar d’autres secteurs, le marché alimentaire de Singapour est à la pointe de l’innovation », explique Brigitte Zeller (PGE81). « La cité-État est le premier pays à avoir autorisé la culture de viande et de produits laitiers en laboratoire. Étant donné que 94 % des aliments consommés à Singapour sont importés, c’est un véritable marché expérimental multiculturel pour les nouveaux produits, qui peuvent ensuite être déployés en Malaisie, au Vietnam, en Thaïlande ou en Chine. » Plus de 40 % de la population étant âgée de plus de 50 ans, les secteurs de la santé et de la nutraceutique sont également en pleine croissance. 


Opportunités et recommandations

« Il devient de plus en plus difficile pour les jeunes de s’installer ici. Singapour a tendance à prioriser l’emploi local », explique Michel. « Afin d’obtenir un Employment Pass, il faut un salaire minimum de 6 000 SGD, ce qui est élevé pour de jeunes diplômés. » Il recommande à ceux de moins de 26 ans d’utiliser le visa vacances-travail de six mois pour tenter de trouver un emploi pérenne. « Les jeunes diplômés peuvent également bénéficier du programme de VIE », ajoute Maëlis. « C’est un bon moyen de tester l’écosystème », acquiesce Brigitte, qui insiste par ailleurs sur l’importance des stages de fin d’études et conseille d’acquérir au minimum des rudiments de chinois. « Singapour est idéale pour démarrer une carrière avec un premier contrat local. Une fois que l’on fonde une famille, tout devient très cher et beaucoup de personnes s’en vont. Mieux vaut revenir à Singapour avec un contrat d’expatrié octroyé par une grande entreprise », ajoute Emmanuel. « Le monde est petit à Singapour : pour trouver du travail, il faut impérativement se constituer un réseau. La communauté d’expatriés est accueillante, active et bienveillante. Si vous recherchez un emploi, n’hésitez pas à demander de l’aide directement ou à prendre contact avec la communauté d’emlyon, qui accueille régulièrement de nouveaux arrivants dans son groupe WhatsApp ! », conclut Jeanne.

Commentaires0

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Une exposition pour découvrir la richesse des parcours au sein du réseau emlyon alumni
News emlyon

Une exposition pour découvrir la richesse des parcours au sein du réseau emlyon alumni

SC

Service Carriere Alumni

28 mai

Le Fil n°7 est en ligne !
News emlyon

Le Fil n°7 est en ligne !

photo de profil d'un membre

Emeline Chevallier

20 mai

2

:newspaper:​ Le Fil I Creators, brands & media : the battle for attention
News emlyon

📰​ Le Fil I Creators, brands & media : the battle for attention

photo de profil d'un membre

Emeline Chevallier

18 mai